La localité de Howald

Si les quatre sections de notre commune - Alzingen, Fentange, Hesperange et Itzig - ont chacune leur histoire locale qui remonte bien loin dans la nuit des temps, la localité de Howald par contre - un toponyme d'origine germanique pour lequel l'étymologie ne pose aucun problème et qu'on retrouve également ailleurs - n'a à son compte en tant que
localité qu'un passé très récent. Et même une explosion démographique sans précédent - rappelons que la population de Howald est passée de 21 habitants en 1885 à 4148 habitants cent ans plus tard - ne change rien à cet état des choses.

L'impact d'une telle évolution a évidemment son prix. "Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent", écrit François René de Chateaubriand.
En effet, que reste-t-il de ce trésor de notre patrimoine naturel, de cette belle forêt de Howald qui, avec les autres hêtraies du Grès de Luxembourg, était recherchée jadis pendant la saison estivale par bien des citadins pour ses bienfaits sur la santé?

Les préhistoriens auraient eux aussi voulu préserver intact ce site de prédilection des hommes de l'épipaléolithique. Entre 1959 et 1965, M. Charles Spier et ses deux fils Alex et Fernand se livraient à une prospection systématique de ce site qui leur a fourni une industrie lithique importante. La possibilité de fouilles ou de sondages aurait certainement apporté des réponses scientifiques plus valables que celles tirées uniquement de l'étude du matériel lithique recueilli en surface.

Mais finalement la mise en place d'une infrastructure routière pour la cité projetée au début des années 60 mit fin à ces considérations scientifiques. En effet, les deux lotissements des Plateaux Howald I et II, séparés par l'avenue Grand-Duc Jean, ne prévoyaient pas moins de 600 terrains à bâtir dont il ne reste, une quarantaine d'années après, que quelques rares places disponibles.

Plus aucune trace ni de l'ermitage et de la "Chapelle Notre-Dame de Lorette du Hohwald lez Hesperange", ni de la potence qui se dressait encore sur les hauteurs de Howald lorsque les arpenteurs du comte de Ferraris s'apprêtaient à dessiner dans les années 70 du XVIIIe siècle la première carte géographique valable du duché de Luxembourg.

Pendant des siècles, les boulets de l'artillerie postée par quelque envahisseur sur les hauteurs de Howald semaient l'effroi parmi la population et la garnison de la forteresse de Luxembourg. En mai 1944 en revanche, ce furent les habitants de Howald - notre localité se limitait alors pratiquement à la partie de la route de Thionville comprise entre la rue Eugène Welter et le Rangwee - qui furent les victimes de bombardements américains destinés, il est vrai, à la gare de triage de Zwickau, épisode dont la rue du 9 mai 1944 garde le triste souvenir.

La cité de Howald, qui en quelques années, a pris un développement si considérable, est flanquée d'un côté par le boulevard de contournement de la ville de Luxembourg, et de l'autre côté elle est bordée par la pénétrante Sud, à laquelle la relie, à la hauteur du Rond-point Gluck, un nouvel accès direct dans les deux sens.

En ce début d'un nouveau millénaire, c'est dans la rue du Couvent que s'opèrent les changements les plus importants. Le visage de ce quartier sera dorénavant marqué par le Centre intégré pour personnes âgées (CIPA). D'autre part, de nouveaux lotissements ont été réalisés dans cette zone en partie réaménagée.

Roger Muller
Geschichtsfrënn vun der Gemeng Hesper

 

     

 
 

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